| Sumario: | Depuis juillet 2019, et un sommet de l'Union Africaine à Niamey (Niger), la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECA) est dans sa phase opérationnelle, après la signature tardive du traité par le Nigeria et le Bénin, et la ratification par le Gabon et la Guinée Equatoriale. Pourtant, en août 2019, le gouvernement nigérian a décidé d'interdire l'importation, en provenance des pays voisins, d'une longue liste de produits, dont le porc, le bœuf, les huiles et graisses végétales raffinées, le sucre, mais aussi les médicaments et les voitures d’occasion... Le Nigeria avait déjà, en 2004, interdit les importations de riz depuis le Bénin, puis en 2016 depuis les autres pays voisins, tout en autorisant les importations de riz étranger par ses ports, mais en les taxant à hauteur d’un droit de douane de 70 %. Depuis 2015, l'interdiction par le Nigeria d'utiliser les devises étrangères pour importer des produits alimentaires tels que le riz - l'aliment de base du Nigeria - s'est intensifiée et a porté atteinte aux intérêts de ses voisins. Ces décisions vont clairement à l'encontre de l’esprit et de la lettre de la ZLECA, en compromettant l’intégration régionale par des décisions unilatérales et l’absence de distinction entre produits africains et produits non-africains. En outre, il semble peu probable que le Nigeria ait même informé ses partenaires régionaux de manière appropriée, ce qui est requis par le traité de la Communauté Economique Des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Une fois encore, le Nigeria semble enfermé dans de vieilles traditions protectionnistes.
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