| Sumario: | La contribution de l’agriculture familiale à l’approvisionnement des marchés constitue un enjeu important pour
le développement et la compétitivité des filières agricoles
en Afrique Subsaharienne. La réponse lente et faible
de l’offre totale en produits agricoles aux changements de
prix s’explique par des coûts de transaction élevés.
Cette problématique a été étudiée dans le cadre du marché du lait local au Sénégal, et plus particulièrement dans
la région de Kolda, à travers l’analyse des transactions
et des relations contractuelles entre les acteurs de la
filière. Le système étudié est centré sur le ramassage journalier du lait frais et la transformation par des petites
entreprises (ateliers coopératifs, centres de collecte, mini-laiteries) pour l’approvisionnement des pôles urbains
de consommation. Il s’agit d’un système de surplus (au sens de l’excédent de l’autoconsommation) basé sur des
innovations dans le système de conduite des élevages, l’organisation de la collecte et du transport du lait, la
commercialisation des produits.
Cependant, la stabilité et la viabilité de ce système sont fragilisées par les incertitudes associées à la saisonnalité
de la production et à la qualité des produits. Ces incer
titudes internes sont renforcées par la dépendance du
système vis à vis de facteurs externes comme les disp
onibilités en intrants pour l’alimentation du bétail, les
fonctions multiples du cheptel et les arbitrages au niveau des ménages, les niveaux de revenus et les préférences
des consommateurs ou encore le prix de la poudre
de lait importée. L’émergence des petites entreprises de
transformation a joué un rôle prépondérant dans la stimulation de l’adoption de l’innovation dans les systèmes
locaux de production laitière et le développement de
nouveaux segments de marché. Des mécanismes de
coordination hybride, centrés sur les a
rrangements contractuels et les réseau
x, sont mis en place pour limiter ces
incertitudes transactionnelles. Les arrangements contra
ctuels essentiellement implicites et les réseaux
d’approvisionnement contribuent à fidéliser et asseoir la confiance entre les partenaires de l’échange. Ces
mécanismes de coordination permette
nt, non seulement de combler la
faiblesse de la circulation de
l’information, mais également de pallier aux risques relatifs aux fraudes sur la qualité, à la forte saisonnalité de
l’offre (incertitude de l’approvisionnement) et de la demande (faible revenus des consommateurs). La limitation
des incertitudes transactionn
elles nécessite cependant l’apport comp
lémentaire de dispositifs publics aux
mécanismes privés existants.
|