Evaluation des pratiques et initiatives de gestion des ressources pastorales pour l’adaptation au changement climatique

Le pastoralisme, activité vitale pour près de 50 millions de Sahéliens, est aujourd’hui fragilisé par les effets conjugués du changement climatique, de la dégradation des terres, de la pression démographique et de l’insécurité foncière et civile. Ces facteurs exacerbent les conflits et réduisent la...

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Detalles Bibliográficos
Autores principales: Likpete, Didier Dagnon, Sangare, Sheick A. Khalil, Segnon, Alcade Christel, Azakpo, Yaosse, Zougmore, Robert Bellarmin
Formato: Informe técnico
Lenguaje:Francés
Publicado: 2025
Materias:
Acceso en línea:https://hdl.handle.net/10568/179611
Descripción
Sumario:Le pastoralisme, activité vitale pour près de 50 millions de Sahéliens, est aujourd’hui fragilisé par les effets conjugués du changement climatique, de la dégradation des terres, de la pression démographique et de l’insécurité foncière et civile. Ces facteurs exacerbent les conflits et réduisent la résilience des écosystèmes et des communautés pastorales. Bien que des bonnes pratiques existent, leur documentation systématique et leur mise à l’échelle restent limitées. Cette étude a évalué ces pratiques pour renforcer leur contribution à une agriculture intelligente face au climat (AIC). Au total, 124 pratiques pastorales ont été recensées au Burkina Faso, Mali et Niger, en s’appuyant sur des enquêtes, une revue documentaire et des ateliers participatifs avec les acteurs locaux. Une priorisation multicritère a été appliquée pour évaluer et hiérarchiser les pratiques selon quatre dimensions : environnementale (diversité floristique, qualité des sols et des eaux), économique et technique (productivité, durabilité), sociale (taux d’adoption, inclusion du genre) et institutionnelle (politiques de valorisation). Enfin, une analyse climato-intelligente a permis de noter les pratiques suivant les trois piliers de l’AIC : productivité durable, résilience et adaptation, et atténuation des émissions des gaz à effet de serre (GES). Les résultats ont permis de catégoriser les pratiques en cinq groupes à savoir celles visant à (i) accroître la disponibilité des ressources pastorales, (ii) renforcer leur accessibilité, (iii) assurer leur gestion et conservation durable, (iv) améliorer la gouvernance et la gestion des conflits et (v) développer le pastoralisme. Parmi les 124 pratiques documentées, 30 ont été priorisées (10 par pays), dont 12 ont été classées comme "hautement climato-intelligentes" avec un score supérieur ou égal à 80 %. Parmi celles-ci figurent la préservation des plantes à usages multiples (93 %), la jachère améliorée (88 %) et l’ensemencement des parcours (86 %). Les 18 autres pratiques, bien que prometteuses, nécessitent des améliorations pour atteindre leur plein potentiel, comme la valorisation des fourrages grossiers (79 %) ou les foires pastorales (53 %). Pour une mise à l’échelle, il est essentiel de renforcer l’appui institutionnel, d’intégrer ces pratiques dans les politiques, de combiner savoirs locaux et innovations, de développer la gouvernance communautaire et transfrontalière, de mobiliser des financements et de sensibiliser éleveurs et décideurs. En conclusion, ces pratiques offrent des solutions concrètes pour un pastoralisme durable et climato-intelligent au Sahel, à condition d’une approche intégrée associant innovation, participation et appui politique.