| Sumario: | En Afrique subsaharienne, l’élevage est le fondement de la culture de
nombreux peuples tels que les Peulh et Djawanbé. Il assure dans la vie des familles
les plus pauvres, des fonctions essentielles : sociale, thérapeutique, économique
(financier, alimentaire).
La démographie et l’urbanisation croissantes des villes d’Afrique subsaharienne ont
entraîné une forte augmentation de la demande en viande, en lait et en produits
laitiers. Face à l’insuffisance de la production locale, des pays sahéliens ont recours
aux importations qui engendrent des sorties d’importantes devises indispensables
pour le développement du pays. Au Mali, en vue de retenir ces importantes
ressources financières, le gouvernement et de nombreux bailleurs ont décidé
d’oeuvrer pour la valorisation du lait local par l’organisation des circuits de collecte et
de commercialisation. Cependant, malgré tous les efforts déployés par ces acteurs,
la sécurité sanitaire des produits laitiers n’est pas pour autant assurée. Cette
tendance se vérifie par la recrudescence des toxi-infections chez les populations
consommant les produits comme la viande, le lait et les produits laitiers.
C’est pour comprendre ce paradoxe que cette étude a été réalisée au Mali
dans 12 villages de la commune rurale de Cinzana, région de Ségou et impliquant
des populations du secteur informel. Des entretiens semi-structurés, des Focus
Groups Discussion et des questionnaires adressés à 207 ménages ont permis de
collecter des données qualitatives et quantitatives. Cette étude socioanthropologique
visait à analyser les risques dans la consommation des produits
d’origine animale chez les populations de Cinzana. Pour ce faire, il a été question
d’identifier les acteurs de la sécurité sanitaire des aliments, puis, d’analyser les
habitudes alimentaires des populations et les déterminants de choix de qualité de
ces aliments d’origine animale.
Les résultats ont montré qu’il existe un circuit établi par les acteurs. En ce qui
concerne les comportements de ces acteurs, il ressort que la consommation du lait
cru et la viande cuite font partie des habitudes alimentaires des populations
comparativement aux autres produits laitiers et viande. La définition de la qualité du
lait et de la viande est régie par les connaissances et normes endogènes telle que la
valeur symbolique comme conclusion, il ressort de cette étude que l’utilisation
combinée des connaissances endogènes et exogènes dans la définition de la qualité
des produits laitiers est indispensable pour la sécurité sanitaire et le bien-être des
populations rurales.
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